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Sergeant ERNEST ROBERT BECK

13th Battalion London Regiment (Kensingtons)

Né à Londres (Angleterre) le 29 décembre 1891

Mort au Tréport (France) le 9 septembre 1918

© Anthony Kittridge

 

Lorsqu’Ernie décède à l’hôpital militaire du Tréport aux côtés de sa mère, il laisse deux agendas avec des annotations au jour le jour dans un style télégraphique. À la date du 9 avril 1917, il note l’attaque des lignes allemandes à Neuville-Vitasse. Le 2 mai, il visite les ruines de la cathédrale d’Arras. Le 29 avril, il mentionne le bombardement de son cantonnement et sa descente dans une cave de la ville pour plus de sécurité. Le 9 avril 1918, il écrit « anniversaire de ma première bataille ». Le 28 août 1918, il note « temps pluvieux » et « avance de nouveau à l’attaque ». Ce jour-là, il sera grièvement blessé près de Croisilles alors que son bataillon tente de reprendre Bullecourt et meurt quelques jours plus tard.

When Ernie died with his mother at his side in the military hospital at Le Tréport, he left two diaries containing day by day entries written in telegram style. In his entry for 9th April 1917, he notes the attack on the German lines at Neuville-Vitasse. On 2nd May, he visited the ruins of Arras Cathedral. On 29th April, he mentions the bombardments on his camp and his descent into a cellar in the town for greater protection. On 9th April 1918, he wrote "anniversary of my first battle". On 28th August 1918, he writes "weather showery" and "again  moved forward to the attack". On that very day, he was seriously wounded near Croisilles as his battalion was attempting to retake Bullecourt, and he died a few days later.

© Anthony Kittridge

Extrait du carnet de guerre d’Ernest Beck, daté du 29 mars au 11 avril 1917. Le 9 avril 1917 marque le début de la Bataille d’Arras. À cette date, il note « monte à l’assaut ; Capture de tranchées allemandes et du village de Neuville-Vitasse ». Le lendemain, Ernest relate la retraite des soldats allemands poursuivis par la cavalerie britannique.

 

Extract from Ernest Beck's war diary between 29th March and 11th April 1917. 9th April 1917 marked the start of the Battle of Arras. On that date, he notes “Went over. Captured German lines and village of Neuville-Vitasse”. The following day, Ernest describes the withdrawal of the German soldiers pursued by the British cavalry.

© Anthony Kittridge

Extrait du carnet de guerre d’Ernest Beck, daté du 12 au 25 avril 1917.

Ernest retrace les différentes positions de son bataillon. Il donne aussi des indications sur la météo.

 

Extract from Ernest Beck's war diary between 12th and 25th April 1917.

Ernest charts the various positions of his battalion. He also gives information about the weather.

© Anthony Kittridge

Extrait du carnet de guerre d’Ernest Beck, daté du 26 avril au 9 mai 1917. À la date du 29 avril, il écrit : « Entraînement ; Installés dans les caves sous Arras pour la sécurité ». Le 2 mai, Ernest visite les ruines de la cathédrale d’Arras et retourne en première ligne. Le jour suivant marque le début de la dernière phase de la Bataille d’Arras avec les attaques des villages de Rœux et de Bullecourt, tenus par les Allemands. Ernest témoigne de ces offensives britanniques en écrivant, pour le 3 mai : « Grande attaque. Lignes de tranchées allemandes capturées ».

 

Extract from Ernest Beck’s war diary between 26th April and 9th May 1917. On 29th April, he writes "Training. Billets shelter at night. Went into cellars for safety." On 2nd May, Ernest visited the ruins of Arras Cathedral and returned to the front line. The following day marked the start of the last phase of the Battle of Arras with attacks on the enemy-held villages of Rœux and Bullecourt. Ernest gives an account of these British offensives, writing for 3rd May : "Big attack. Lines of German trenches captured".

© Anthony Kittridge

Extrait du carnet de guerre d’Ernest Beck, daté du 10 au 23 mai 1917. Ces deux pages concernent les derniers jours de la Bataille d’Arras.

 

Extract from Ernest Beck’s war diary between 10th and 23rd May 1917. These two pages cover the final days of the Battle of Arras.

© Anthony Kittridge

Extrait du carnet de guerre d’Ernest Beck, daté du 9 et 10 avril 1918. Toujours dans le secteur d’Arras, Ernest garde en mémoire le souvenir de sa première bataille, le 9 avril 1917. Un an après il écrit : « anniversaire de ma première bataille. La météo est bonne. Travaillé pendant la nuit. Beaucoup d’obus ».

 

Extract from Ernest Beck’s war diary between 9th and 10th April 1918. Still in the Arras sector, Ernest retains the recollection of his first battle on 9th April 1917; one year later, he writes : “anniversary of my first battle. Weather is fine. Heavily shelled".

© Anthony Kittridge

Extrait du carnet de guerre d’Ernest Beck, daté du 27 et 28 août 1918. Le 27 août, Ernest note que les combats font rages, le « bombardement est intense », les Britanniques sont contenus dans leurs tranchées, « coincés par les tirs de mitrailleuses ennemies ». Ernest et son bataillon, surnommé les Kensingtons, se mettent « en marche vers une autre position ». Ils se postent sur les hauteurs surplombant le village de Croisilles, occupé par les troupes allemandes. Le lendemain, ils « montent à l’assaut » pour soutenir les avancées des autres unités de combat vers Bullecourt. Alors que la résistance allemande est forte, grâce aux nids de mitrailleuses, le sergent Ernest Beck est sévèrement touché. Il est évacué vers l’hôpital militaire du Tréport où sa mère, avertie de la gravité de ses blessures, le rejoint pour l’accompagner jusqu’à son dernier souffle, le 9 septembre 1918.

 

Extract from Ernest Beck’s war diary between 27th and 28th August 1918. On 27th August, Ernest notes that battles rage, the "very heavily shelled", the British are contained within their trenches, "beaten back by machine gun barrage, held on our position". Ernest and his battalion, known as the Kensingtons, set to "move to another position marched for 7 hours". They took up position on high ground overlooking the village of Croisilles, occupied by German troops. The following day, they "move forward to the attack" to support the advance of the other combat units towards Bullecourt. The German resistance was strong and Sergeant Ernest Beck was severely injured by fire from machine gun nests. He was evacuated to the military hospital in Le Tréport where his mother, alerted to the severity of his injuries, joined him and stayed by his side until he drew his last breath on 9th September 1918.

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LE CANTONNEMENT SOUTERRAIN

© Fonds documentaire Alain Jacques

 

Les carrières souterraines aménagées par les équipes de tunneliers néo-zélandais renforcées par d’autres unités de tunneliers ou d’infanterie britannique, sont devenues de véritables cantonnements capables d’accueillir trois divisions britanniques. Dès le 3 avril 1917, un premier bataillon utilise les galeries creusées et passe du centre de la ville aux carrières situées sous les quartiers Saint- Sauveur et Ronville, distants de quelques dizaines de mètres des lignes adverses.

Un « commandant de cave », disposant de forces de polices nécessaires, a la responsabilité de la répartition spatiale des différentes unités britanniques qui vont se relayer dans cet immense abri. Des panneaux indiquent l’accès au poste de commandement, aux antennes médicales et aux cuisines.  Ces deux dernières structures sont systématiquement placées à proximité l’une de l’autre, suivant en cela le règlement institué dans les casernements britanniques.

Pour répondre aux besoins élémentaires des hommes, des douches et des réservoirs sont aménagés dont l’approvisionnement en eau est assuré par des canalisations ou des puits. Les latrines pour officiers et hommes du rang sont différenciées et installées dans chaque salle à proximité des accès, quand cela est possible, pour favoriser la ventilation. Réparties en deux séries de vingt places chacune, elles doivent suffire aux besoins d’un bataillon, soit 700 à 800 hommes. On crée également un nombre identique d’urinoirs et de douches.

La signalétique informe sur la localisation des points d’eau et de ces commodités, qui font l’objet d’un suivi sanitaire strict comme l’indique les recommandations retrouvées à proximité de ces lieux, telles que la mentions « no spitting allowed »… Toutes ces directives, émanant directement du commandant de bataillon, sont appliquées par l’officier médical. Sans satisfaire pleinement aux règles sanitaires en usage dans l’armée britannique pour l’installation d’un campement provisoire, les carrières d’Arras offrent cependant une grande sécurité malgré la proximité du front et un relatif confort aux hommes avant la montée aux lignes.

À la veille de la Bataille d’Arras, les caves et les carrières peuvent héberger plus de 24 000 hommes soit l’équivalent de la population d’Arras à la veille de la Grande Guerre.  13 000 sont logés sous le secteur des places, 2 000 sont placés dans les tunnels Saint-Sauveur et 9 000 peuvent aisément  prendre place dans les cantonnements souterrains de Ronville.

De nos jours, des milliers de graffitis et de dessins tels que des représentations féminines témoignent des pensées de ces soldats. D’autres dessins envoyés aux familles décrivent des événements réconfortants, comme le service religieux qui se tint devant le pilier 5E de la Carrière Wellington.

 

THE UNDERGROUND ENCAMPMENT 

© Fonds documentaire Alain Jacques

 

The underground quarries developed by the teams of New Zealand tunnellers, reinforced by other British tunnelling or infantry units, became a real encampment capable of accommodating no fewer than three British divisions. On 3rd April 1917, a first battalion was posted to the excavated galleries and was moved from the town centre down into the quarries lying beneath the Saint-Sauveur and Ronville districts, just a few dozen metres from the enemy lines.

A "cave commander", having the requisite policing resources at his disposal, was given responsibility for the spatial distribution of the various British units that were to succeed one another in this immense shelter. Signs pointed the way to the command post, medical units and the kitchens.  The medical units and kitchens were always installed close to one another, following the arrangement instituted in the British barracks.

To meet the men's basic necessities, showers and water tanks were installed and supplied with water via pipes or wells. The latrines for officers and the rank and file were separate and, if possible, were installed in each room close to the accesses to improve ventilation. Divided into two rows of twenty places each, they had to meet the requirements of a battalion, or 700 to 800 men. An equivalent number of urinals and showers were also created.

Signage pointed to the location of water points and sanitation facilities which were subject to strict sanitary monitoring, as indicated in notices posted nearby such as "No spitting allowed". All these instructions, handed down directly by the battalion command, were enforced by the medical officer. Although not fully compliant with the health rules applied in the British Army for the establishment of temporary encampments, the quarries of Arras nevertheless offered the men a high degree of protection in spite of their proximity to the front, and relative comfort before moving up to the battle line.

On the eve of the Battle of Arras, the caves and quarries had the capacity to accommodate over 24,000 men, the equivalent of the civilian population of Arras just before the Great War.  13,000 were stationed under the sector of the town's squares, 2,000 were posted to the Saint-Sauveur tunnels and 9,000 were easily accommodated in the Ronville underground encampments.

Today, thousands of graffiti and drawings, such as female figures, are indicative of the thoughts of those soldiers. Other drawings sent back home to families depict comforting events such as the religious service held in front of pillar 5E in the Wellington Tunnels.