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Private JOHN « Jack » WILLIAM COVERDALE 

8th Battalion East Yorkshire Regiment

Né à Newport (Angleterre) le 8 août 1878

Mort à Woodsetts (Angleterre) en 1961

©Victoria Hunter

Fin 1915, John, jardinier de 37 ans et père de 5 enfants, s’engage dans le 8th  battalion du East Yorkshire Regiment qui débarque en France en novembre 1916. Tout au long de la guerre, il entretient une correspondance avec Annie, son épouse présente à ses côtés sur cette photo. Son unité rejoint la carrière Auckland le 7 avril 1917 où, évoque-t-il dans une de ses lettres, un office religieux se tient la veille de l’offensive le dimanche de Pâques. Le 13 avril, lors de l’attaque de Guémappe, il est blessé par un obus au poignet gauche. Envoyé à l’hôpital d’Étaples, il est ensuite transféré en Angleterre. Rétabli, il est assigné aux transmissions jusqu’à la fin de la guerre.

In late 1915, this 37-year-old gardener and father of five children joined up with the 8th Battalion, East Yorkshire Regiment which was shipped to France in November 1916. Throughout the war, he kept sending letters to his wife Annie, here with him in this picture. On 7th April 1917, his unit was posted to the Auckland quarry where, as he tells in a letter, a religious service held the day before the offensive on Easter Sunday. On 13th April, during the attack on Guémappe, he was injured in the left wrist by a shell. Sent to the hospital in Étaples, he was later transferred to England. Upon his recovery, he was assigned to signal company until the end of the War.

© Fonds documentaire Alain Jacques

Dessin, réalisé par un soldat britannique, illustrant l’office religieux célébré par l’aumônier du 2nd Battalion Suffolk Regiment, G. C. Danvers, au pied du pillier 5E de la Carrière Wellington, le dimanche 8 avril 1917.

Au cours du dimanche de Pâques, la veille de la Bataille d’Arras, de nombreuses cérémonies s’improvisent dans les carrières sous Arras.

 

Sketch made by a british soldier showing the Ceremony celebrated by the Chaplain of the 2nd Suffolk Regiment, G. C. Danvers, at the foot of Pillar 5E in the Wellington Tunnels on Sunday 8th April 1917.

On Easter Sunday, the day before the Battle of Arras, numerous improvised ceremonies were held in the caves.

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LE CANTONNEMENT SOUTERRAIN

© Fonds documentaire Alain Jacques

 

Les carrières souterraines aménagées par les équipes de tunneliers néo-zélandais renforcées par d’autres unités de tunneliers ou d’infanterie britannique, sont devenues de véritables cantonnements capables d’accueillir trois divisions britanniques. Dès le 3 avril 1917, un premier bataillon utilise les galeries creusées et passe du centre de la ville aux carrières situées sous les quartiers Saint- Sauveur et Ronville, distants de quelques dizaines de mètres des lignes adverses.

Un « commandant de cave », disposant de forces de polices nécessaires, a la responsabilité de la répartition spatiale des différentes unités britanniques qui vont se relayer dans cet immense abri. Des panneaux indiquent l’accès au poste de commandement, aux antennes médicales et aux cuisines.  Ces deux dernières structures sont systématiquement placées à proximité l’une de l’autre, suivant en cela le règlement institué dans les casernements britanniques.

Pour répondre aux besoins élémentaires des hommes, des douches et des réservoirs sont aménagés dont l’approvisionnement en eau est assuré par des canalisations ou des puits. Les latrines pour officiers et hommes du rang sont différenciées et installées dans chaque salle à proximité des accès, quand cela est possible, pour favoriser la ventilation. Réparties en deux séries de vingt places chacune, elles doivent suffire aux besoins d’un bataillon, soit 700 à 800 hommes. On crée également un nombre identique d’urinoirs et de douches.

La signalétique informe sur la localisation des points d’eau et de ces commodités, qui font l’objet d’un suivi sanitaire strict comme l’indique les recommandations retrouvées à proximité de ces lieux, telles que la mentions « no spitting allowed »… Toutes ces directives, émanant directement du commandant de bataillon, sont appliquées par l’officier médical. Sans satisfaire pleinement aux règles sanitaires en usage dans l’armée britannique pour l’installation d’un campement provisoire, les carrières d’Arras offrent cependant une grande sécurité malgré la proximité du front et un relatif confort aux hommes avant la montée aux lignes.

À la veille de la Bataille d’Arras, les caves et les carrières peuvent héberger plus de 24 000 hommes soit l’équivalent de la population d’Arras à la veille de la Grande Guerre.  13 000 sont logés sous le secteur des places, 2 000 sont placés dans les tunnels Saint-Sauveur et 9 000 peuvent aisément  prendre place dans les cantonnements souterrains de Ronville.

De nos jours, des milliers de graffitis et de dessins tels que des représentations féminines témoignent des pensées de ces soldats. D’autres dessins envoyés aux familles décrivent des événements réconfortants, comme le service religieux qui se tint devant le pilier 5E de la Carrière Wellington.

 

THE UNDERGROUND ENCAMPMENT 

© Fonds documentaire Alain Jacques

 

The underground quarries developed by the teams of New Zealand tunnellers, reinforced by other British tunnelling or infantry units, became a real encampment capable of accommodating no fewer than three British divisions. On 3rd April 1917, a first battalion was posted to the excavated galleries and was moved from the town centre down into the quarries lying beneath the Saint-Sauveur and Ronville districts, just a few dozen metres from the enemy lines.

A "cave commander", having the requisite policing resources at his disposal, was given responsibility for the spatial distribution of the various British units that were to succeed one another in this immense shelter. Signs pointed the way to the command post, medical units and the kitchens.  The medical units and kitchens were always installed close to one another, following the arrangement instituted in the British barracks.

To meet the men's basic necessities, showers and water tanks were installed and supplied with water via pipes or wells. The latrines for officers and the rank and file were separate and, if possible, were installed in each room close to the accesses to improve ventilation. Divided into two rows of twenty places each, they had to meet the requirements of a battalion, or 700 to 800 men. An equivalent number of urinals and showers were also created.

Signage pointed to the location of water points and sanitation facilities which were subject to strict sanitary monitoring, as indicated in notices posted nearby such as "No spitting allowed". All these instructions, handed down directly by the battalion command, were enforced by the medical officer. Although not fully compliant with the health rules applied in the British Army for the establishment of temporary encampments, the quarries of Arras nevertheless offered the men a high degree of protection in spite of their proximity to the front, and relative comfort before moving up to the battle line.

On the eve of the Battle of Arras, the caves and quarries had the capacity to accommodate over 24,000 men, the equivalent of the civilian population of Arras just before the Great War.  13,000 were stationed under the sector of the town's squares, 2,000 were posted to the Saint-Sauveur tunnels and 9,000 were easily accommodated in the Ronville underground encampments.

Today, thousands of graffiti and drawings, such as female figures, are indicative of the thoughts of those soldiers. Other drawings sent back home to families depict comforting events such as the religious service held in front of pillar 5E in the Wellington Tunnels.

 

© Victoria Hunter

Portrait du père de John Coverdale réalisé au cours des années 1850. Il porte également le prénom « John » et exerce en tant que maraîcher, à Newport (Angleterre). De son mariage avec Anna Maria naissent trois enfants : Mary, Fanny et John.

 

Portrait of John Coverdale's father, taken in the 1850s. He was also called John and he worked as a market gardener in Newport (England). His marriage to Anna Maria produced three children, Mary, Fanny and John.  

© Victoria Hunter

Portrait de John Coverdale avec sa femme, Annie, en 1920.

John naît le 8 août 1878, à Newport. Après avoir quitté l’école, il travaille comme cocher pour un médecin. Le 23 décembre 1901, il se marie avec son amie d’enfance, Annie Jewitt, à l’église Saint-Stephen de Newport. De leur union naissent cinq enfants : May, Lizzie, John, Joe et Harold. Après sa démobilisation en 1919, John Coverdale s’installe avec Annie dans la région de Retford. Il s’éteint le 21 novembre 1961, à l’âge de 83 ans.

 

Portrait of John Coverdale with his wife Annie in 1920.

John was born in Newport on 8th August 1878. After leaving school, he worked as a coachman for a doctor. On 23rd December 1901, he married his childhood sweetheart, Annie Jewitt, at Saint-Stephen's Church in Newport. They had five children: May, Lizzie, John, Joe and Harold. After his demobilisation in 1919, John Coverdale settled with Annie in the Retford area. He passed away on 21st November 1961 at the age of 83.

© Victoria Hunter

Photo de John (à droite) en uniforme avec un camarade du 8th East Yorkshire Regiment.

Le 11 décembre 1915, John, alors âgé de 37 ans, se porte volontaire pour rejoindre l’armée britannique. Il fait partie des 2 600 000 hommes qui s’engagent pendant l’hiver 1915-1916. Après plusieurs mois d’entraînement au combat, il embarque pour le front ouest avec son bataillon, le 11 novembre 1916.

 

Photograph of John (on the right) in uniform with a comrade of the 8th East Yorkshire Regiment.

On 11th December 1915, then aged 37, John joined up with the British Army as a volunteer. He was one of the 2,600,000 men who enlisted during the winter of 1915-1916. After several months of combat training, he was sent to the Western Front with his battalion on 11th November 1916.

© Victoria Hunter

Dans une lettre à sa femme en date du 4 avril 1917, soit cinq jours avant le déclenchement de la Bataille d’Arras.

« Ma Chère Femme,

Lorsque tu auras reçu cette lettre, j’espère, Mon Dieu, être sorti de cette galère et survivre encore les prochains jours. Si je suis blessé je te le ferai savoir dès que possible. Si mon temps est arrivé je vous laisse, toi et nos chers enfants, aux bons soins du Seigneur. Mais, ma chérie, j’ai prié pour être épargné et pouvoir vous revenir à toi et à ceux qui me sont chers. Je pars avec l’intention de faire mon devoir d’homme, et j’espère tout faire comme un homme d’honneur le ferait. Maintenant, ma chérie, prie pour de l’aide et elle te sera donnée. Que Dieu te bénisse pour être une bonne épouse et une bonne Mère. De ton Jack qui t’aime ».

A letter to his wife on 4th April 1917, five days before the launch of the Battle of Arras.

“My dear Wife,

By the time you get this letter I hope, please God, to have come out of this movement and live and to make this next few days. If I get wounded I will let you know as fast as possible. If my time as arrived I leave you and our dear children in God good care. But dear I have pleaded to be spared to come back to you and my dear ones. I go into this with the intention of doing my duty as a man in hope to do in all thing a manly man would do. Now dear pray for help if you are left it will be given to you. God bless you for been a good wife and mother. From your loving Jack.”

© Victoria Hunter

John et son bataillon sont stationnés dans les souterrains d’Arras les jours précédant l’assaut du 9 avril 1917. Dans cette lettre adressée à sa femme, John décrit l’office religieux auquel il assiste le 8 avril 1917, le dimanche de Pâques, dans une des carrières sous Arras.

 

John and his battalion were stationed in the underground tunnels of Arras in the days leading up to the attack on 9th April 1917. In this letter to his wife, John describes the religious service he attended on 8th April 1917, Easter Sunday, in one of the caves beneath Arras.