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Sergeant FILIP KONOWAL

47th Battalion (British Columbia)

Né à Kutkivtsi (Ukraine actuelle) le 15 septembre 1888

Mort à Hull (Canada) en 1959

© IWM Q69170

Instructeur de combat à mains nues dans l’armée impériale russe, Filip, d'origine ukrainienne, émigre au Canada après sa démobilisation en 1913. D’abord  bûcheron, il s’engage par la suite dans le corps canadien et débarque en France en août 1916. Filip combat sur la crête de Vimy pendant la Bataille d’Arras, puis sur la colline 70 près de Lens en août 1917. En deux jours, il tue 16 Allemands, la plupart lors de combats au corps-à-corps, et neutralise plusieurs mitrailleuses ennemies. Pour ce fait d’arme, il est décoré de la Victoria Cross. Lors de cette offensive Filip recevra une sévère blessure à la tête, lui causant de nombreux effets post-traumatiques après guerre.

A Ukrainian hand-to-hand combat instructor in the Imperial Russian Army, Filip emigrated to Canada after his demobilisation in 1913. First a lumberjack, he then enlisted in the Canadian Corps and was shipped to France in August 1916. Filip fought on Vimy Ridge during the Battle of Arras and later at Hill 70 near Lens in August 1917. In two days, he killed 16 Germans, most in the course of hand-to-hand fighting, and neutralised several enemy machine guns. He was awarded the Victoria Cross for this feat of arms. During this offensive, Filip received a serious wound to the head, which resulted in numerous post-traumatic effects after the War.

Récit de vie... / Life story...

Filip est né le 15 septembre 1888 au sein d’une famille de paysans, à Kutkivtsi (Ukraine actuelle), en Russie. Dans son jeune âge, il travaille avec son père, maçon de profession, puis rejoint l’armée impériale russe. À sa démobilisation, il travaille d’abord en Sibérie en tant que bucheron, puis s’installe au Canada en 1913 où il exerce la même profession. Le 12 juillet 1915, il s’engage dans le corps expéditionnaire canadien et débarque en France en août 1916.

Il est le seul homme originaire d’Europe de l’ouest à s’être vu offert la Victoria Cross, la plus prestigieuse récompense militaire de l’armée britannique, pour faits d’arme lors la bataille de la colline 70 à Lens, en août 1917.

Après-guerre, la sévère blessure au crâne reçue sur cette butte d’Artois est cause d’instabilité mentale. En juillet 1919, alors de retour au Canada, Filip est témoin d’une rixe entre son ami Leonity et un homme d’origine autrichienne. Leonity est mis à mal par son adversaire armé d’un couteau. Filip réussi à s’en emparer et tue l’austro-canadien d’un coup porté à la poitrine. À l’arrivée de la police, il déclare : pendant la guerre « j’ai tué 52 d’entre eux, cela fait 53 maintenant ». Inculpé pour meurtre, il est momentanément sauvé par les vétérans canadiens de la Grande Guerre qui s’unissent pour payer sa caution. Lors de son procès en 1921, il est déclaré non coupable pour des raisons médicales. En effet, sa blessure de guerre est à l’origine de troubles comportementaux. Il est alors interné dans un hôpital psychiatrique. À sa sortie sept ans plus tard, Filip est employé comme concierge à la Chambre des Communes du Canada. Le Premier ministre, remarquant sur lui la Victoria Cross, lui offre un poste à vie au sein de son cabinet.

Filip tente de reprendre contact avec son épouse laissée en Russie, mais apprend que celle-ci est morte lors de la famine en 1932. Il ne retrouvera jamais la trace de sa fille. Il se remarie alors avec Juliette Leduc-Auger, une Canadienne d’origine française, et adopte ses deux fils. Filip s’éteint à l’âge de 70 à Hull au Québec.

Filip was born on 15th September 1888 into a farming family in Chernivtsi (present-day Ukraine), then part of Russia. As a young man, he worked with his father, who was a builder, and later joined the Imperial Russian Army. After his demobilisation, he first worked in Siberia as a lumberman and later settled in Canada in 1913 where he pursued the same occupation. He enlisted with the Canadian Expeditionary Corps on 12th July 1915 and was shipped to France in August 1916.

He was the only Eastern European to be awarded the Victoria Cross, the highest military honour bestowed in the British Army, for feats of arms during the Battle of Hill 70 in Lens in August 1917.

After the War, the severe head wound he had received on that Artois hilltop was to cause psychological problems. In July 1919, having returned to Canada, Filip witnessed a fight between his friend, Leonity, and an Austrian man. Leonity was incapacitated by his adversary who was armed with a knife. Filip managed to seize the weapon and killed the Austrian Canadian with a blow to the chest. When the police arrived, he declared: during the War "I’ve killed 52 of them, that makes fifty-third”. Charged with murder, he was temporarily saved by the Canadian veterans of the Great War, who clubbed together to pay his bail. During his trial in 1921, he was found not guilty on medical grounds. In fact, his war wound was the cause of behavioural disorders. He was then committed to a psychiatric hospital, where he spent seven years. When he was discharged, Filip was employed as a caretaker at the House of Commons of Canada. Noticing that he was wearing his Victoria Cross, the Prime Minister offered him a position for life at his office.

Filip made efforts to find the wife he had left behind in Russia but learned that she had died during the famine of 1932. He never found any trace of his daughter. He then married again, to Juliette Leduc-Auger, a Canadian of French origin, and adopted her two sons. Filip passed away at the age of 70, in Hull, Quebec.