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JAMES « Jim » ELWELL

7th Battalion Suffolk Regiment

Né à Birmingham (Angleterre)  le 3 octobre 1879

Mort à Arleux (France) le 28 avril 1917

© Photograph courtesy of Tommies Guides / Ken Wayman

 

Marié et père de deux filles, Jim est magasinier près de Birmingham. Il est un des 2 800 000 Britanniques qui s’engagent durant l’automne 1915. Basé à Arras en octobre 1916, il témoigne de la ville en ruines dans une lettre à sa femme : « tout est décrit dans les journaux mais jamais tu ne peux l’imaginer tant que tu ne l’as pas vu ». En prévision de la Bataille d’Arras, il participe à l’élaboration de l’immense réseau souterrain de la ville. Dans une lettre adressée à son mari, son épouse raconte son effroi quand elle crut le voir allongé sur le lit à ses côtés le matin du 28 Avril. Une lettre que Jim ne lira jamais car il est porté disparu depuis ce jour même, après l’attaque du village d’Arleux.

Married and father of two daughters, Jim was a storekeeper near Birmingham. He was one of the 2,800,000 British men who joined up in the autumn of 1915. Based in Arras in October 1916, he describes the ruined town in a letter to his wife : “It's all very well to read about in the papers but you could never realise it unless one saw it”. In preparation for the Battle of Arras, he took part in creating the town’s immense underground network. In a letter to her husband, Jim’s wife tells of her horror when she thought she could see him lying on the bed at her side on the morning of 28th April. A letter that Jim was never to read, as he was reported missing in action from that very day, after the attack on the village of Arleux.

© Photograph courtesy of Tommies Guides / Ken Wayman

Portrait de famille. Jim, en uniforme, est entouré de sa femme Bertha et de ses filles Lucie Marie (à gauche) et Elizabeth Hilda (à droite).

Jim est le benjamin d’une famille de cinq enfants, établie à Walsall (Angleterre). Sa mère Martha s’occupe du foyer, son père Joseph est ouvrier dans le secteur industriel. Le 26 septembre 1908, Jim se marie avec Bertha Webster, à l’église catholique romaine Saint-Patrick de Walsall. De leur union sont nées Elizabeth Hilda, le 22 septembre 1909, et Lucy Marie, le 25 mars 1911.

Cette photographie a probablement été réalisée quelques jours après l’engagement de Jim au sein de l’armée britannique en décembre 1915, il est alors âgé de 36 ans.

 

Family portrait. Jim, in uniform, is flanked by his wife, Bertha, and his daughters, Lucy Marie (on the left) and Elizabeth Hilda (on the right).

Jim was the youngest of five children, in a family living in Walsall (England). His mother, Martha, was a housewife and his father, Joseph, was an industrial worker. On 26th September 1908, Jim married Bertha Webster at the Roman Catholic Church of Saint Patrick in Walsall. They had two daughters, Elizabeth Hilda, born on 22nd September 1909, and Lucy-Marie, born on 25th March 1911.

This photograph was probably taken a few days after Jim's enlistment in the British Army in December 1915. He was then aged 36.

© Photograph courtesy of Tommies Guides / Ken Wayman

Carte de vœux de Jim envoyée à sa femme Bertha pour le noël 1916. Jim est alors en poste à Arras avec son bataillon du 7th Suffolk Regiment.

Jim, comme beaucoup de soldats, envoie très régulièrement des lettres et des cartes postales à ses proches, en Angleterre, pendant toute la durée de son service. Sa famille les a précieusement conservé jusqu’à aujourd’hui.

Au cours de la guerre, les modèles de cartes postales envoyées par les soldats se diversifient, on y retrouve de simples paysages, des dessins caricaturant la vie dans les tranchées ou encore des photos des ruines de villes. Elles sont très populaires parmi les Britanniques et représentent une source de revenu pour les civils français et belges qui les fabriquent.

 

Greeting card sent by Jim to his wife, Bertha, for Christmas 1916. Jim was at that time posted in Arras with his battalion of the 7th Suffolk Regiment.

Like many soldiers, Jim sent regular letters and postcards to his loved ones in England throughout his period of service. His family has fondly preserved them to this day.

During the War, the soldiers sent home an increasingly wide variety of postcard designs, including simple landscapes, caricature drawings of trench life and photographs of towns in ruins. They were highly popular among the British and provided the French and Belgian civilians who produced them with a source of income.

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© Cituation et Ensemble

L'AMÉNAGEMENT DES SOUTERRAINS

 

La présence de carrières médiévales sous la ville d’Arras se révèle être un atout majeur dans la préparation de la Bataille d’Arras. Deux réseaux, l’un sous le quartier Ronville, le second sous le quartier Saint-Sauveur sont destinés à la concentration de troupes et à leur progression sous le no man’s land lors de l’assaut. En octobre 1916, l’état-major fait appel aux équipes de tunneliers néo-zélandais  pour les aménager. Elles seront régulièrement renforcées, en particuliers, par des hommes de la 179th tunnelling company, du 9th Scottish Rifles, du 6th King’s Own Scottish Borderers et du 17th West Yorkshire Regiment.

 

La compagnie des tunneliers néo-zélandais 

 

La compagnie des tunneliers néo-zélandais  est composée d’engagés volontaires issus à plus de 85% du secteur minier ou de l’exploitation des carrières. Le premier contingent d’environ 450 personnes est commandé par le Major Duigan. Il est au sein de ce groupe le seul militaire de carrière. Le corps des sous-officiers est constitué de géomètres, d’ingénieurs ou de mineurs d’expérience. Pendant les six mois que vont durer les travaux, trois équipes néo-zélandaises vont se succéder nuit et jour à raison de 8 heures de travail par poste. Dans les premières semaines, ce sont surtout les creusements de galeries de connexion qui occupent les tunneliers. Les tunnels de 2 m de hauteur sur 1.20 m de large sont réalisés au rythme de 80 à 90 m par jour, avec des records à plus de 100 mètres. Des boisages sont systématiquement installés pour soutenir les points faibles. Dès leur achèvement, ces galeries sont dotées à leurs extrémités de porte anti-gaz, et d’une charge explosive destinée à faire effondrer la galerie, en cas de découverte des lieux par les Allemands. Au début du mois de janvier, les gros travaux de terrassement en direction des lignes ennemies sont achevés. Le 15, L’électrification du réseau commence. Cet éclairage est constitué d’ampoules disposées en moyenne tous les 12 mètres et est alimenté par des groupes électrogènes. L’installation électrique est surtout destinée à améliorer le flux des milliers de soldats et à éviter toute congestion  des sorties lors de l’assaut prévu pour le 9 avril. Le transport des matériaux est facilité à compter du 25 janvier par la mise en place de voies ferrées de 60. Pour s’orienter dans ce vaste réseau souterrain, les tunneliers nomment les carrières à l’aide de noms de grandes villes néo-zélandaises avec la même disposition géographique que sur leurs îles natales. En complément, des panneaux permettent de se diriger dans ce réseau qui se développe sur plus de 20 km. Ces indications sont doublées par une numérotation alphanumérique systématiquement apposée sur les piliers, et qui permettra une localisation précise des troupes stationnées dans ce dédale de galerie. La fin du mois de mars voit l’achèvement de ces travaux souterrains, les plus importants jamais réalisés par l’armée britannique dans ce domaine.

 

DEVELOPMENT OF THE UNDERGROUND NETWORK 

The presence of Medieval quarries beneath the town of Arras proved a major advantage in preparations for the Battle of Arras. Two networks - one under the Ronville district and the other under the Saint-Sauveur district - were designated to accommodate a concentration of troops and cover their advance under no-man's land ahead of the initial attack. In October 1916, the High Command allocated the task of developing them to gangs of New Zealand tunnellers. They were regularly reinforced, in particular by men of the 179th Tunnelling Company, the 9th Scottish Rifles, the 6th King’s Own Scottish Borderers and the 17th West Yorkshire Regiment.

 

The New Zealand tunnelling company

 

The New Zealand tunnelling company was made up of volunteer recruits, over 85% of them with a mining or quarrying background. The first contingent of approximately 450 men was commanded by Major Duigan. He was the only career soldier in this group. The NCO corps was made up of surveyors, engineers or experienced miners. For the six months the work was to last, three New Zealand teams were rotated night and day, each working eight-hour shifts. In the first weeks, the tunnellers' efforts were primarily focused on digging out connecting tunnels. Two metres high and 1.2 metres wide, 80 to 90 metres of tunnels were completed per day, with records of more than 100 metres. Timber props were systematically installed to support weak points. Once completed, these galleries were provided at each end with gas-proof doors and an explosive charge which was intended to bring the tunnel down should the development be discovered by the Germans. By early January, the heavy earth-moving work towards the enemy lines was complete. The electrification of the network started on the 15th. The lighting consisted of bulbs installed about every 12 metres and was powered by generators. Above all, the electrical installation was intended to ease the flow of thousands of soldiers and to prevent any congestion at the exits during the attack planned for 9th April. From 25 January, the transportation of materials was facilitated by the laying of 60cm gauge rail lines. In order to find their bearings in this vast underground labyrinth, the tunnellers named the quarries after major New Zealand towns and cities with the same geographical layout as on their home islands. In addition, signs provided directions in this labyrinth covering over 20 kilometres. This information was supplemented by alphanumeric numbering methodically marked on the pillars, providing the precise location of the troops stationed in this warren of tunnels. The end of March saw the completion of this underground work, the biggest project of its type ever undertaken by the British Army.